Pathologies du genou et la course à pied

1 - L'entorse
C’est l’élongation et éventuellement la rupture des ligaments latéraux ou croisés du genou due à un mouvement de torsion ou un mouvement contrarié. En fonction du degré de gravité, le traitement sera fonctionnel, orthopédique (plâtre ou résine), ou chirurgical (dans certaines atteintes des ligaments croisés). Les sports les plus exposés sont le football, le ski, le rugby, le judo et la gymnastique.
2 - Les syndromes méniscaux
Les ménisques sont des espèces de coussinets cartilagineux qui facilitent le glissement de la partie supérieure du genou sur la partie inférieure. Il y a un ménisque interne et un ménisque externe par genou.
Ils peuvent être abîmés par un seul traumatisme important (des lésions ligamentaires sont alors souvent associées), ou une succession de petits traumatismes répétés.
Les lésions méniscales entraînent douleur, gonflement, dérobement ou blocage du genou atteint. Le traitement se fait le plus souvent par arthroscopie. Les ménisques atteints sont soit suturés ou réinsérés, soit (le plus souvent) enlevés en partie ou en totalité. La reprise sportive se fait selon les cas en un à 2 mois.
3 - Les syndromes fémoro-patellaires
Il s’agit de douleurs des cartilages de l’extrémité inférieure du fémur et de la rotule, résultant d’une pratique sportive inadaptée (surmenage sportif, rééducation agressive, malmenage du genou sur sol dur). Le scanner du genou et l’arthroscopie permettent d’en faire le diagnostic. Le traitement est essentiellement basé sur le repos et la modulation sportive.
– l’hygroma du genou est l’augmentation progressive et lente de volume d’une bourse séreuse due à des microtraumatismes répétés. Une bourse séreuse est une sorte de poche remplie de liquide qui a des fonctions de glissement et d’amortissement au niveau des articulations. L’hygroma est indolore et ne gène que par son volume.
– les kystes poplités se manifestent par une douleur à l’extension et une petite tuméfaction dans le creux en arrière du genou.
– les subluxations récidivantes de la rotule : cette dénomination compliquée rend compte d’une pathologie surtout féminine. La rotule se déplace par rapport à sa position normale, et le genou se dérobe en appui monopodal. Douleur et gonflement du genou sont possibles secondairement. Certains sports agressifs pour le genou comme la gymnastique ou les sports collectifs deviennent difficiles à pratiquer quand les sub-luxations se répètent. En fonction de la gravité et de la gêne ressentie, on peut adapter la pratique sportive (renforcement des muscles de la cuisse, port de genouillères, sports moins agressifs pour le genou), ou envisager une intervention chirurgicale.
Les véritables luxations de rotules existent également. Elles sont en général consécutives à un traumatisme et peuvent récidiver.
– Les tendinites peuvent également toucher le genou : tendinite rotulienne, quadricipitale, de la patte d'oie, du biceps crural. Le traitement est basé sur une modulation ou un arrêt de l’activité sportive, la physiothérapie et la kinésithérapie.
– l’ostéochondrose disséquante du genou : peu fréquente en médecine du sport, elle correspond à une nécrose de l’os situé sous les cartilages articulaires, qui peut provoquer douleur, gonflement, instabilité du genou. Dans certains cas, un fragment osseux se détache dans l’articulation, provoquant des blocages. Cette souffrance osseuse peut être due à un traumatisme récent ou ancien, ou à des traumatismes répétés sur l’articulation. Le traitement est orthopédique ou chirurgical (en cas de corps étranger osseux dans l’articulation). Elle se voit essentiellement chez les sujets jeunes.
– les fractures ostéochondrales : également peu fréquentes en médecine du sport, ce sont des fractures cartilagineuses ou ostéocartilagineuses dues à un traumatisme direct, une entorse ou une luxation de rotule. Un traitement chirurgical de fixation ou d’ablation d’un fragment est parfois nécessaire.
– la bursite : il s’agit de l’inflammation d’une bourse séreuse en général liée à des traumatismes répétés. La bursite du genou est une des plus fréquentes mais dans l’absolu c’est une pathologie rare. Elle survient surtout chez les footballeurs et les volleyeurs. Elle se traduit par une augmentation de volume en avant de la rotule.
4 - Ligaments croisés du genou
Les ligaments croisés du genou sont situés au centre de l'articulation.
a) Généralités.
Ils forment ce qu’on appelle le pivot central du genou et s’opposent aux déplacements du genou vers l’avant et en rotation interne (ligament croisé antérieur) ou vers l’arrière (ligament croisé postérieur). Les traumatismes sportifs, essentiellement par torsion violente, peuvent les rompre. Un traitement chirurgical de réparation est parfois envisagé chez les sportifs.
b) Le ligament croisé antérieur (LCA). Il s’oppose au déplacement vers l’avant du genou, ainsi qu’à une rotation interne excessive du tibia par rapport au fémur. Les ruptures du ligament croisé antérieur ( LCA) sont plus fréquentes que celles du ligament croisé postérieur (LCP). Il est oblique vers le haut, vers l’arrière, et en dehors, ce qui lui fait croiser le ligament postérieur (d’où le nom de «ligaments croisés»). Lorsque le tibia se tourne en dedans, les deux ligaments s’enroulent ensemble. Une torsion violente du genou peut rompre le LCA.
Le football et le ski sont les plus grands pourvoyeurs de lésions des ligaments croisés. Par exemple, une chute en ski survenant à vitesse réduite ou à l’arrêt, ne fait pas sauter la fixation. Le pied reste bloqué et la torsion du genou se fait contre résistance. Un craquement est perçu ainsi qu’une douleur violente.
Parfois la sensation d’instabilité est tout de suite ressentie. Secondairement apparaît un gonflement du genou. L’examen du genou confirme le diagnostic. Il retrouve un «tiroir antérieur», c’est-à-dire, un déplacement vers l’avant du tibia par rapport au fémur. Les autres ligaments sont parfois également atteints (ligaments latéraux).
Une radiographie est faite pour dépister une fracture osseuse associée.
Une IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) peut permettre d’évaluer l’état osseux, ligamentaire et méniscal.
Une arthroscopie n’est en général pas nécessaire.
Lorsque le LCA est rompu, il ne cicatrise pas spontanément. Si l’activité sportive est modérée et occasionnelle, on pourra envisager un traitement fonctionnel par rééducation (de manière à renforcer la musculature des cuisses et des jambes. Sinon, et principalement chez les sujets jeunes, ou en cas de laxité importante, il faudra envisager la chirurgie. Celle-ci vise non pas à réparer le ligament rompu, mais à le remplacer par une greffe prélevée en général sur le tendon rotulien.
C’est l’intervention dite de «Kenneth Jones». Il n’y a pas d’urgence à réaliser l’intervention. Au contraire, il vaut mieux attendre que le genou ait bien récupéré du traumatisme (en général au bout de deux mois). Par ailleurs, la rééducation est également associée à la chirurgie.
c) Le ligament croisé postérieur (LCP). Ce ligament s’oppose au déplacement du tibia vers l’arrière par rapport au fémur. Sa rupture est plus rare que celle du LCA. Le LCP est plus épais que le LCA. Sa rupture est le résultat d’un traumatisme violent par choc direct. On la retrouve donc moins dans le sport que dans les accidents de la voie publique. Elle se manifeste par une douleur et un gonflement du genou. Les signes disparaissent ensuite progressivement pour laisser la place à des signes chroniques (douleur et instabilité). Parfois, il n’y a pas de séquelles fonctionnelles. A l’examen, on retrouve un tiroir postérieur (à l’inverse du LCA).
La radiographie permet de déceler des fractures associées (fréquentes dans les chocs directs), et de donner le degré de laxité postérieure. L’IRM peut être utile, comme pour le LCA. L’arthroscopie n’est pas une nécessité. La chirurgie n’est proposée que si la laxité résiduelle est importante
5 - Ménisques
Les ménisques sont des petits disques cartilagineux situés dans l’articulation du genou, intercalés entre le fémur en haut et le tibia en dessous, favorisant la mobilisation d’une surface articulaire par rapport à l’autre.
a) Généralités.
Ils ont un rôle de stabilisation et d’amortissement. Un traumatisme du genou peut les abîmer. Il en résulte des troubles de la mobilité du genou qui peuvent nécessiter un traitement chirurgical. Dans chaque genou, il y a un ménisque interne et un ménisque externe.
b) Les lésions traumatiques des ménisques.
Les ménisques peuvent être abîmés principalement par des traumatismes indirects : relèvement d’une position accroupie ou torsion du genou pied bloqué ou réception de saut en rotation.
En cas de mécanisme de torsion, le médecin recherche une instabilité du genou en raison de la fréquence des ruptures associées du ligament croisé antérieur. Le symptôme le plus caractéristique (mais pas le plus fréquent) d’une lésion méniscale est le blocage du genou. Il n’est plus possible d’étendre le genou, alors que la flexion reste possible. Il existe une douleur associée.
Le blocage est produit par un fragment de ménisque qui s’est détaché sur presque toute sa longueur (c’est ce qu’on appelle l’« anse de seau »). Ce blocage n’est pas toujours permanent. Parfois, il n’y a même aucun blocage et la lésion méniscale ne se traduit que par une douleur d’évolution et d’intensité variable avec parfois des épanchements articulaires
c) Dans quels sports ?
Les ménisques sont essentiellement lésés dans la plupart des sports collectifs et dans tous les sports où il y a rotation du genou en charge
d)Les examens pour faire le diagnostic.
A la palpation du genou, on retrouve une douleur au niveau des ménisques. Lorsque le diagnostic est probable mais pas certain, on peut s’aider d’examens complémentaires avant d’envisager un traitement par arthroscopie. La simple radio ne montre pas les ménisques car ils sont cartilagineux et non osseux. Il faut pour voir les ménisques, injecter un produit dans l’articulation, qui les rend visibles par contraste. Il s’agit d’une «arthrographie». Un examen plus moderne et moins agressif est l’IRM (Résonance Magnétique Nucléaire). Une fois le diagnostic d’atteinte méniscale posé, il faut envisager un éventuel traitement.
e) Le traitement.
Le premier des traitements est d’abord l’abstention. En effet, lorsque la gêne n’est pas très importante, il est possible de laisser en place le ménisque. Cela n’aggrave pas l’état du genou.
Le deuxième type de traitement est la réparation du ménisque, mais celle-ci est rarement possible.
En fait, le traitement le plus souvent fait est l’ablation de la partie abîmée du ménisque, pratiquée sous arthroscopie. L’arthroscopie peut se faire sous anesthésie locale. Les résultats de cette chirurgie sont excellents et la reprise sportive peut se faire en trois semaines à un mois.
Le problème est lorsqu’il existe des lésions ligamentaires associées (ligaments croisés)
6 - Les syndromes rotuliens
C'est la deuxième blessure du genou. Les syndromes rotuliens se manifestent sous forme de douleur dès lors que l'on appuie sur la rotule ou sur sa face interne (atteinte de cartilage chondrite). Cette blessure se caractérise aussi par un tiraillement de l'aileron rotulien.
La cause :
Une anomalie mécanique entre le fémur et la rotule. Elle est favorisée par un déséquilibre de I'articulation du genou comme le "genou valgum" (rotation externe excessive du genou avec un mauvais alignement de la rotule).
Le traitement :
Il va falloir corriger le mouvement en modifiant la foulée. Le traitement consistera à renforcer le muscle vaste externe et, si besoin est, à exécuter des étirements. Dans certains cas, le port de semelles orthopédiques pourra corriger les déficits d'appui







